mardi 22 mai 2012

Les victimes de harcèlement n'ont plus de recours

La polémique grondait la semaine dernière et le témoignage d'une femme lésée vient de confirmer que les victimes de harcèlement sexuel font face à un vide juridique. Notre blogueur associé Laurent Pinsolle revient sur cette «faute» du Conseil Constitutionnel.  


 Hier matin, Yves Calvi recevait une jeune femme victime de harcèlement sexuel dont la plainte vient d’être déboutée du fait de l’abrogation de la loi sur le harcèlement par le Conseil Constitutionnel. Un témoignage émouvant qui démontre que nos sages de la République ont malheureusement fait une faute.    
Une censure en question

Cet article du Monde détaille bien les problèmes posés par cette abrogation. La loi de 2002 punit « le fait de harceler autrui dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle ». Le Conseil Constitutionnel a abrogé la loi car « la disposition contestée méconnaît le principe de légalité des délits et des peines ainsi que les principes de clarté et de précision de la loi, de prévisibilité juridique et de sécurité juridique ». Bref, la loi n’était pas assez précise selon les sages de la République.
Cette abrogation fait suite à une question prioritaire de constitutionnalité posée par un ancien député du Rhône condamné en appel en 2011. Son avocate avait plaidé que cette loi permettait « tous les débordements, toutes les interprétations ». Et il faut être honnête,comme le pointe Le Monde, cette loi était également contestée par les victimes de harcèlement puisqu’une association de femmes avait également demandé son abrogation pour une nouvelle loi.
Mais le Conseil Constitutionnel a décidé d’une abrogation immédiate de la loi qui a provoqué une annulation de toutes les procédures en cours. Pourtant, cette association pointait la possibilité d’une abrogation différée pour permettre au législateur de voter une nouvelle loi dans l’intervalle et d’éviter le vide juridique dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui du fait de cette décision. Un collectif a porté plainte contre le Conseil pour mise en danger d’autrui.
Une grave faute morale
La décision du Conseil Constitutionnel est extrêmement grave car que va-t-il se passer d’un point de vue juridique ? Du fait de la non-rétroactivité des lois, cela ne risque-t-il pas de tout simplement créer une impunité pour tous les faits de harcèlement passés ou à venir jusqu’au vote d’une prochaine loi ? Dans un tel cas, la décision du Conseil serait absolument scandaleuse, surtout s’il était possible d’opter pour une abrogation différée pour éviter cette carence.
A ce titre, les témoignages de victime sont édifiants. Celui récolté par Yves Calvi hier matin était particulièrement émouvant, puisque, du fait de cette décision, la jeune femme a mis en danger sa vie en prenant des médicaments pour s’endormir. Un flash du Figaro décrit une plaignante déboutée du fait de la décision du Conseil Constitutionnel. Bref, d’innombrables victimes se voient déniées la plus élémentaire justice et des coupables abusivement blanchis.
Cette situation est absolument indigne de notre pays. Bien sûr, il semblerait que la loi avait de grosses carences. Mais après tout, elle était en place depuis plus de dix ans. N’y avait-il la possibilité de la laisser en place pendant quelques mois de plus, le temps que la nouvelle assemblée vote un texte de substitution pour éviter ce vide juridique. Quel drôle de message envoyé à la France ! L’impunité pour les coupables et le mépris pour les victimes d’agressions !
Bien sûr, le respect du droit est important. Mais quand les querelles de procédures aboutissent à des injustices aussi flagrantes, cela montre que notre société s’abandonne un peu trop à un juridisme abscons et en oublie tout simplement les principes élémentaires de ce que devrait être la vie en société.

vendredi 4 mai 2012

Fusion CSA-Arcep : vers un Big Brother du Web ?

Certains plaident en faveur d’une fusion de l’Arcep et du CSA pour constituer un super régulateur d'Internet, des télécoms et de l’audiovisuel. Une position défendue par Nicolas Sarkozy mais écartée par le camp Hollande. Pour autant, la question de la régulation du Web n’est pas encore tranchée.


(DUPUY FLORENT/SIPA)  
La télé de papa c’est fini. On peut regarder la télévision sur son ordinateur ou son téléphone portable. A l'inverse, on peut se connecter sur Internet directement via sa télévision sans passer par son ordinateur, c'est le principe de la télévision connectée. La souris est alors remplacée par la télécommande. Pour en bénéficier, il suffit d’avoir soit un poste spécifique soit un boîtier type Apple TV ou Google TV, ce dernier étant bientôt disponible en France. En 2014, la part de télévisions connectées par rapport à l'ensemble des postes en France pourrait atteindre 59%, la totalité en 2016.
Le principe est le même que sur un smartphone, on ne pourra pas seulement faire du surf classique mais aussi bénéficier d'applications dédiées à ce support. Comme des services complémentaires aux émissions des chaînes classiques (commentaires, questions aux invités…) et aussi avoir accès à des chaînes de vidéos venant de Dailymotion ou Youtube. Un portail payant  proposant des films et séries, comme Netflix aux USA, pourrait aussi faire son apparition. On peut aussi imaginer que des journaux développent leurs propres applications dédiées aux vidéos, etc...
Bref, les portails de vidéos sur Internet ont dépassé l’ère des vidéos de chats. Avec la télévision connectée, ils sont passer des chambres au salon familial, du petit au grand écran plat. Ils pourraient donc devenir des concurrents directs de TF1 ou autres en diffusant des compétitions sportives, séries et films. Aujourd'hui, la frontière entre télé et web s'est donc largement effacée. On aura et on a déjà Internet à la télévision et la télévision sur Internet.

La régulation devient alors plus difficile. Actuellement, le CSA s'occupe des contenus sur le petit écran mais n'a pas de compétence pour tout ce qui se passe sur Internet. En face, l’Arcep s'occupe d'Internet et des opérateurs téléphoniques mais se limite aux questions de concurrence et de réseau. Elle traite de la qualité des tuyaux, pas de celle de l'eau.

mardi 24 avril 2012

Grèce le Pays sacrifié par L'Europe !!!

Nos usages et gestes du quotidien évoluent au fil des mois. Les chômeurs restent cloitrés chez eux, certains « vacanciers » ne sont pas revenus de leurs villages où ils se sont rendus pour Pâques. Dans Athènes même, la vie est au ralenti. Il y a moins de circulation, moins de monde dans les transports en commun, moins de commerces ouverts, et moins de manifestations. Étrange vraiment, ce mutisme apparent de notre transformation.

Un expert comptable s'est suicidé par pendaison ce matin en Crète. Selon le reportage (protothema.gr), l'homme, âgé de 45 ans, aurait aussi laissé un message politique : « je ne supporte plus cette situation ».

Il ne connaissait pas (selon les mêmes sources) des difficultés d'ordre économique, et il n'aurait pas de dettes. Détail de l'histoire, c'était à Heraklion, rue Mitsotakis que son corps a été trouvé. Notons, que la famille politique des Mitsotakis est bien connue des Grecs, notamment par Konstantinos Mitsotakis, dont ses pères et grands-pères étaient des parlementaires. Élu au Parlement en 1946, c'est en 1965 qu'il fait sécession du gouvernement de Georges Papandréou, entraînant avec lui nombre d'autres nouveaux élus et faisant chuter le cabinet du grand père de Giorgos Papandréou... de 2012 ! En 1978, il s’est joint au nouveau parti « Nouvelle Démocratie » de Konstantínos Karamanlís. Il est devenu Premier ministre en 1990 pour se retirer de la vie politique en 2004. Son fils, Kyriákos Mitsotákis, est un parlementaire de la Nouvelle Démocratie (2012), et sa fille, Dóra Bakoyánni, ancienne maire d’Athènes, se trouve actuellement à la tête du nouveau parti de droite pro-Mémorandum, «Alliance démocratique » (« Dimokratiki Symmachia »). Voilà pour ce qui est de notre régime démocratique exemplaire... en « politicoparentalité » établie.

Pourtant, la période électorale, déjà très courte, comporte enfin, bien des risques et des peurs. Les tenants du pouvoir et les parentelles diverses et variées, ne peuvent plus jouer sur tous les tableaux mais désormais, ceci se voit. Les médias appartenant aux « jardiniers d'Athènes », proposent leurs dernières salades sur les ondes, redevenues alors très courtes par les circonstances. Fragments d'obus puissants, mais tombant à côté des « cibles ». Fragmentation politique, aussi en pleine gestation, socialement multi-couche.

Sur la Place de la Constitution, le cyprès où notre concitoyen pharmacien s'est suicidé reçoit moins de visites, mais il devient, aux dires des tous, un nouveau lieu de mémoire, comme l'ensemble de cette place d'ailleurs. En attendant les suites politiques méta-électorales, on peut toujours espérer au moins, toucher le grand jack-pot à la loterie nationale, 2 500 000 euros tout de même, à condition d'acheter un billet. Seulement, il n'y a pas frénésie non plus autour du stand, bien au contraire, c'est plutôt calme et sur cette même place des (anciens ?) indignés, certaines personnes, assises sur les bancs publics, préfèrent lire une version grecque du magazine « Focus ». Dans les environs, un autre vendeur ambulant, de maïs cette fois, jeune immigré venu d'Asie, répondant à l'interrogation de son patron grec, affirma qu'il n'avait rien vendu depuis trois heures.

Dans ce même quartier, j'ai remarqué que du fil barbelé a été posé sur le grillage du jardin potager collectif, autogéré et expérimental, près du centre ville. Il y a eu des intrusions sans doute, ou alors des actes de vandalisme. De plus en plus souvent, il est question de destruction dans notre univers quotidien. Des vies, des biens mobiles ou anciennement durables, des planifications « vitales » et des habitudes désormais révolues. Seules les banques et le Pasok, semblent encore tenir.

Dans un magasin, au centre-ville également, la caissière et le client tombent d'accord au moins, sur le constat politique : « Nous ne voterons plus pour ces salopards, Pasok et Nouvelle Démocratie, ils doivent dégager du paysage politique lundi 7 mai... ».

En France aussi, on va voter. Ces élections françaises ne passent pas inaperçues chez nous, comme c'était le cas jadis. Les sondages et les déclarations des candidats depuis la France n'échappent pas aux commentaires de la presse grecque. On n'en finit pas de parler. Dans un café littéraire connu de la capitale de notre Baronnie, des universitaires et des écrivains débâtaient récemment, du sort de notre « petite patrie », selon leurs propos. « Attendons la France, attendons les résultats depuis Paris, pour une fois ils sont bien plus significatifs pour nous tous, ici. Et savez-vous pourquoi ? Tout simplement, parce que si c'est François Hollande qui passe, eh bien, peut-être... que la France ira affronter enfin l'Allemagne sur l'Europe et dans l'Europe. Ainsi, des alliances peuvent être redéfinies au sud de l'U.E., et par conséquent, notre position changera. Rien que pour renégocier le Mémorandum déjà, nous aurons besoin d'alliances, de toute façon nous sommes faibles, et c'est ainsi que nous avons besoin de l'Europe, notre place y est... Poutine tardera encore, avant de mettre en place un autre grand pôle géopolitique, donc nous n'avons plus d'autre choix pour le moment... Nous n'irons pas nous débarrasser de l'Allemagne seuls contre tous. Et attention, les Américains veulent nous récupérer en... entier et sans l'euro, cela se comprend. En plus, je suis certain que tout va être chamboulé dans la géopolitique de notre prochain monde, la Chine par exemple, s'effondrera éventuellement dans vingt ans. Alors évoquer le sort de la petite Grèce, c'est du grotesque vis à vis de l'histoire ».

Ce n'était pas un avis partagé par tous, mais les autres écoutèrent avec attention cet écrivain connu. Leur discussion a tourné ensuite, autour de l'euro et de la drachme. Un universitaire a qualifié la drachme « d'option monastique » et pour cette même raison, relevant du repli impardonnable. « Les gens ne peuvent pas comprendre que le monde change à tel point, ils sont en train de s'autodétruire, puis, par le biais du vote, nous ne pourrons rien changer, préparons plutôt les élections suivantes, ou même les élections d'après, pas celles du 6 mai. Nous formerons alors un parti bien à nous, pour enfin gouverner et restructurer ce pays ». Vers la fin de leur discussion une personne a voulu évoquer le cas d'un de leurs connaissances, un scientifique aussi, se disant prêt à voter en faveur de « l'Aube Dorée » (extrême droite). « Mais c'est idiot, pourquoi ? » s'est demandé l'écrivain, à voix haute. « C'est pour punir le Pasok et la Nouvelle Démocratie, mais, méfions-nous de ce vote, il y a beaucoup de gens qui ne l'expriment pas, seulement derrière l'isoloir, ils choisiront le bulletin de l'Aube Dorée, ne nous étonnons plus de rien, car la crise a renversé nos repères et nos attitudes, notre confort d'avant est moribond... vous savez quoi, moi par exemple, je vends ma résidence secondaire sur l'île, je ne peux plus l'entretenir ».

vendredi 6 avril 2012

Le " Treck Steel" arrive à PARIS Ce Jour !

Marche de l'acier

Une vingtaine de marcheurs, tous salariés d’ArcelorMittal Florange, accompagnés d‘une cinquantaine de sidérurgistes ou anciens sidérurgistes ont pris le départ il y a 10 jours du site de Florange; direction Paris.


Vêtus de survêtements bleus sur lesquels on pouvait lire "L'acier lorrain vivra", Ils ont entamé vers 9h cette longue marche de l'acier, l’arrivée est prévue dans 10 jours, le vendredi 6 avril sur le Champ de Mars.


Nous marchons dans l'espoir de pouvoir sauver les 5 000 emplois de Florange en expliquant aux populations la situation de notre usine, a expliqué Edouard Martin.


Parti d’un bon pas, le cortège a traversé les villes de Florange, Serémange, Hayange où un détour a été fait par l’hôpital menacé, également de fermeture, puis une première halte sur le marché local de Knutange. Les commerçants de fruits et légumes ont distribués oranges et bananes.
Fontoy où à la sortie de la ville les marcheurs ont piqueniqué. Durant la traversée de toute la vallée de la Fensch les sidérurgistes ont reçu le soutien de la population.


Arrivé en Meurthe et Moselle, le maire d’Audun le Roman attendait le cortège pour l’accueillir et proposer de nous offrir un café dans une salle de la commune. Le maire a mis à disposition les commodités de ses infrastructures sportives, et c'est toute une commune qui était là pour soutenir les marcheurs de : " La TRECK STEEL".

Traversée d’Audun, le cortège se dirige vers Malavillers où nous avons fait le bonheur du seul bistrot du village. Il faisait très chaud cet après-midi. Rejoint par le député du secteur, nous avons poursuivi jusqu’à Landres.


Toute la municipalité au grand complet, ceint de  leurs écharpes tricolores, nous attendait. Le conseil municipal offre le gite et le couvert à nos marcheurs, qui n’auront pas trop d’une nuit de récupération, après cette première journée, longue de 35 Km.
 Aujourd'hui les marcheurs de la siderurgie Lorraine, vont arriver sur la place du Trocadero ! Où un grand rassemblement est prévu, en soutien de leur cause. Puis dans la soirée un grand concert au meme endroit, sera donné toujours pour le soutiens des emplois chez ACCELOR-MITTAL.

Pour L'ARRÊT des LICECIEMENTS SPECULATIFS en FRANCE, quand une USINE est rentable dans notre PAYS !!!

mardi 3 avril 2012

Foix. Ils dressent des tentes aux portes de la préfecture

Soutien de l'auberge du pont de l'écho

Les protestations contre la fermeture de l'auberge du pont de l'écho se poursuivent. Hier, dès 6 heures, les militants ont dressé des tentes aux portes de la préfecture.
Il est six heures. Foix s'éveille à peine. Pendant que les employés communaux s'emploient à nettoyer les rues, Dominique Masset et les militants qui défendent l'auberge du pont de l'écho s'affairent. Quelques minutes suffisent pour dresser une dizaine de tentes d'un célèbre équipementier au milieu de la chaussée et tendre des banderoles sur les grilles de la préfecture et du local de Force Ouvrière juste en face. Ils entendaient donner un nouvel écho à leur combat : la dénonciation de la fermeture de l'auberge du pont de l'écho avec les nouvelles orientations de la loi sur le logement.
Une première intervention de la police cantonne les tentes sur les trottoirs et les places de stationnement. « La France qui se lève tôt dort dehors » lance un manifestant à la cantonade. « La fermeture définitive de l'auberge de l'écho qui fonctionnait depuis 16 ans a mis 19 personnes à la rue et 5 salariés licenciés » s'emporte Dominique Masset, l'un des porte-parole de l'association des amis de l'auberge du pont de l'écho en actionnant la sirène de son porte-voix. Ces personnes ont été relogées dans d'autres structures « au détriment d'autres personnes en difficulté. Il y a moins de places. » « C'est le résultat d'une politique qui a été appliquée avec zèle en Ariège » dénonce encore Dominique Masset. « L'auberge est morte, mais nous, on bouge encore » poursuit-il avant de reprendre la parole au porte-voix. Les riverains découvrent le spectacle des tentes dressées à même la chaussée. Foix est maintenant tout à fait réveillée.

Manifestation tournante dans la ville

C'est vers 8 h 30 que les forces de l'ordre ont demandé aux manifestants de plier les tentes et d'évacuer la rue de la préfecture. « Les policiers m'ont poussé au-delà de leurs lignes » rapporte Dominique Masset. « Je me suis mis au sol pour me protéger. Ils m'ont traîné. Un policier s'est agenouillé sur moi. Il m'a fait mal aux côtes flottantes » affirme Dominique Masset qui a été aidé à se relever « par un autre policier. » Les militants ont plié les tentes avant de prendre la direction de la DDCSPP où ils ont poursuivi leur manifestation jusque vers midi.
Quant à Dominique Masset, il s'est rendu au commissariat pour déposer plainte pour brutalité. « J'ai mal quand je respire » affirme-t-il.
Hier après-midi, le militant devait se rendre au centre hospitalier pour passer des examens. « Je vais écrire au procureur de la République » précise-t-il. Nous avons joint le commissariat. Soumis au devoir de réserve en cette période électorale, les responsables n'ont pas donné suite.
Du côté de l'association des amis de l'auberge du pont de l'écho, on annonce de nouvelles actions pour les semaines et les mois à venir. « Pas question d'arrêter là. »

mercredi 28 mars 2012

Le Grand Sud le Gaz de schiste : l'embrouille !

En catimini, un rapport a été remis au gouvernement le 22 mars. Il préconise la mise en œuvre d'expérimentations. Les opposants mobilisent samedi à Toulouse.
Officiellement, après une grosse polémique et l'annulation de trois permis de recherches fin 2011, l'exploitation du gaz de schiste en France selon la technique de la fracturation hydraulique était quasiment abandonnée. Mais voilà, à un mois de l'élection présidentielle, le rapport final de la mission d'inspection (PDF) sur les hydrocarbures de roche-mère, remis en toute discrétion jeudi dernier, au ministère de l'Environnement, remet de l'huile sur le feu.
Si la loi du 13 juillet 2011 interdit globalement la fracturation hydraulique (seule technique disponible à l'heure actuelle pour explorer ces hydrocarbures non conventionnels), elle évoque aussi la mise en œuvre « d'expérimentations réalisées à seules fins de recherche scientifique sous contrôle public ». C'est ce point très précis que les auteurs du rapport ont exhumé pour préconiser des essais sur un « nombre limité de puits ». Inutile de préciser que les opposants à l'exploitation, mis au parfum, voient rouge, en considérant qu'une nouvelle brèche est ouverte dans le principe d'interdiction de la fracturation hydraulique. Le collectif régional n'a d'ailleurs pas perdu de temps et a déjà convoqué une manifestation samedi, à 15 heures devant le Monument aux Morts de Toulouse.

Les opposants mobilisés

« L'annonce du déblocage des permis de recherche qui étaient en attente d'instruction et leur dépôt à la Préfecture de Haute-Garonne, est un scandale explique le collectif. Des dizaines de nouveaux permis sont remis à l'instruction dans plusieurs régions de France, dont en Midi-Pyrénées, le permis de Beaumont de Lomagne et le permis de Mirande, alors que l'on sait que cette technique occasionne des dégâts environnementaux et sanitaires irréversibles ». Du côté de la préfecture et de s services de la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal), on ne faisait, hier, aucuns commentaires.
Pour les auteurs du rapport, il s'agit en substance de ne pas gâcher le potentiel des richesses du sous-sol français, tout en prenant, assurent-ils, « le maximum de précautions » techniques. De la surveillance de la cimentation des puits, à celle des nappes phréatiques, ou de la qualité de l'air… Un discours qui ne trompe pas José Bové. « Ce sont des pseudos recherches scientifiques. Le gouvernement a voulu laisser la possibilité aux industriels de changer de procédé. On veut en quelque sorte blanchir la technique d'exploitation pour nous dire, circulez y'rien à voir, explique le leader écologiste. C'est inacceptable et c'est pour cela qu'on s'est battu au printemps dernier, parce qu'on savait très bien ce qu'il en était de la loi ». Lui, mise sur un changement de majorité à la présidentielle. « Cette loi doit être abrogée par le prochain gouvernement, martèle-t-il, de même que les 61 permis d'exploitations en cours. Sinon, ce sera la porte ouverte aux industries pétrolières ».
Pour l'heure, un calendrier a déjà été prévu par le gouvernement. Une commission nationale d'orientation, de suivi et d'évaluation des techniques d'exploration et d'exploitation va être créée pour procéder à des recueils de données par des carottages classiques. Des expérimentations seraient réalisées ensuite dans le Bassin parisien où des permis ont été accordés pour des huiles de schistes, avant avis de la commission pour un vote au Parlement au second semestre 2013.Mais d'ici là, il se sera passé beaucoup de choses.

lundi 19 mars 2012

Fusillade mortelle devant le collège-lycée Ozar Hatorah à Toulouse !

Une minute de silence dans toutes les écoles !

Le président Nicolas Sarkozy s'est dit frappé lundi à Toulouse par la ressemblance dans le mode opératoire entre les deux attaques ayant visé des militaires parachutistes et la fusillade, lundi matin, devant un collège-lycée juif à Toulouse.
Présent lundi midi sur les lieux de la fusillade ayant fait quatre morts, dont trois enfants, devant un collège-lycée juif de Toulouse, il a indiqué qu'il décrétait "une minute de silence dans les écoles mardi".
"Nous sommes interpellés par les similitudes du mode opératoire, mais il faut attendre les résultats de l'enquête judiciaire", a déclaré le chef de l'Etat, arrivé en fin de matinée sur les lieux du drame.
"Que celui qui a fait cela sache que tout, absolument tout, sera mis en oeuvre pour le retrouver et pour qu'il ait à rendre des comptes" a déclaré le chef de l'Etat.
Le ministre de l'Intérieur "restera à Toulouse le temps qu'il faudra", a ajouté M. Sarkozy en précisant que des renforts de police arriveraient dans l'après-midi.
"La République est beaucoup plus forte que tout cela. J'appelle chacun d'entre vous au recueillement, à la douleur, à la solidarité avec les victimes et à la confiance dans les institutions de la République pour retrouver celui qui a fait cela", a-t-il encore déclaré
"Nous ne devons pas céder face à la terreur, (...) les écoles doivent continuer de fonctionner, les gens doivent pouvoir continuer de pratiquer leur religion", a déclaré le président.
"Demain dans toutes les écoles de France on aura une minute de silence à la mémoire des entants de cette école", a poursuivi M. Sarkozy. "Ce sont nos enfants, ce ne sont pas simplement vos enfants, ce sont les nôtres", a-t-il poursuivi.
"Sur le territoire de la République, on n'assassine pas des enfants comme ça sans avoir à rendre compte", a souligné le président de la République.
"Aujourd'hui est une journée de tragédie nationale", a-t-il affirmé non loin de l'école, accompagné de nombreuses personnalités dont le président du CRIF, Richard Prasquier.

"Je voulais dire à toutes les autorités des communautés juives combien nous nous sentons proches d'eux", a indiqué le président de la République ajoutant que "toute la communauté de France (était) à (leurs) côtés".
Outre les quatre personnes tuées par un homme se déplaçant sur un deux-roues de forte puissance, un adolescent a été très grièvement blessé lors de la fusillade intervenue lundi peu après 08H00.
Le tueur était muni de deux armes, dont une de même calibre 11.43 que celle utilisée contre les parachutistes abattus à Toulouse, le 11 mars, et à Montauban, jeudi.

mercredi 14 mars 2012

Quand la DGSE Française , se fait prendre la main dans le sac à Toulouse !

Depuis la semaine dernière, on soupçonne les Chinois d’avoir espionné Renault, et les bonnes âmes du gouvernement se sont empressées de se fâcher. Pourtant, en décembre, trois inconnus étaient surpris dans la chambre d’un PDG chinois à Toulouse, fouillant ses bagages. Pas des rats d’hôtel comme les autres: des espions de la DGSE.



En voilà un au moins qui ne se plaindra pas de l’espionnage pratiqué dans nos bonnes vieilles entreprises tricolores: Éric Besson, désormais ministre de l’Industrie, a trouvé son nouveau cheval de bataille. Héraut de la protection du patrimoine des entreprises, il a brandi le spectre de la «guerre économique» depuis que les Chinois sont soupçonnés d’avoir espionné Renault, et demandé que le secret industriel soit renforcé. Pourquoi pas. Il n’y a en effet aucune raison pour qu’on laisse piquer les brevets ou autres procédés exclusifs d’une entreprise. Ils coûtent de telles fortunes que, de plus en plus souvent, des États préfèrent les voler que de mettre des milliards sur la table pour améliorer leur propre recherche scientifique.

On se plaint donc des Chinois, mais on n’a pas entendu le même Besson monter sur ses grands chevaux après un incident survenu à Toulouse pas plus tard que le 1er décembre dernier. Ce jour-là, le PDG d’une des trois grandes compagnies d’aviation chinoises, la China Eastern Airlines, forte de quelque 35 000 employés, quitte la suite, présidentielle s’il vous plaît, qu’il occupe au Crowne Plaza, l’un des quatre étoiles de Toulouse, avec les membres de sa délégation. Neuf chambres avaient été réservées pour lui et ses collaborateurs venus négocier l’achat d’une cinquantaine d’avions avec Airbus, dont le siège est installé à côté de Toulouse, et tout ce petit monde s’apprête à aller dîner. M. Liu, le PDG, a-t-il oublié quelque chose? Un de ses proches remonte prestement dans sa chambre et là, surprise : il tombe nez à nez avec trois types en train de fouiller la pièce et les bagages de son patron. Les monte-en-l’air filent à l’anglaise en bredouillant de vagues excuses, mais les Chinois font un scandale. La direction appelle les flics illico, la délégation, furibarde, fait ses valises et change d’hôtel.
"prière de piquer le maximum d’infos"

Le problème, c’est qu’en arrivant sur place la police fait deux étranges découvertes: elle constate que la porte de la chambre n’a pas été forcée, et trouve du matériel abandonné par les vrais-faux cambrioleurs: une valise contenant le parfait nécessaire à espionner. Ordinateur portable et appareillage complexe: vraisemblablement une sorte d’«aspirateur à info», une machine ultrasophistiquée de la taille d’un attaché-case, que les services officiels comme la DGSE utilisent pour piller les données informatiques en le branchant directement sur l’ordinateur cible. Ces branquignols ont-ils eu le temps de voler les secrets chinois ? Mystère. Shaoyong Liu n’a pas déposé plainte, même après que le journal La Dépêche a sorti l’affaire. «La délégation chinoise a refusé de répondre aux demandes d’audition, explique  le patron du SRPJ de Toulouse, José Mariet. Résultat, je n’ai ni effraction, ni préjudice, ni plainte, ni victime: l’enquête policière est terminée.» Quant aux caméras de surveillance, elles ont enregistré des dizaines et des dizaines de visages: impossible, selon les flics, de retrouver ces rats d’hôtel très spéciaux.

Selon les témoignages recueillis , les trois hommes appartenaient bien aux services secrets français. «Rien à voir avec de vagues barbouzes ou des agents étrangers, les trois hommes étaient des rats d’hôtel de la DGSE, des membres du service opérations intéressés par les secrets des Chinois venus acheter des Airbus», affirme un expert du renseignement. Oui, la France elle aussi tente de voler des secrets, et parfois même sur le territoire français, contrairement à ce que stipule le décret du 2 avril 1982 créant la DGSE. En réalité, le service d’espionnage, censé agir uniquement au-delà des frontières, passe son temps à farfouiller dès qu’il le peut dans les bagages des personnalités étrangères de passage sur le territoire.
Généralement c’est par deux que les espions opèrent, et le fait qu’ils aient été trois dans la chambre du PDG n’est pas normal. Autre anomalie, le dispositif de surveillance de la délégation chinoise n’a pas fonctionné: un agent aurait dû vérifier qu’un de ses membres n’était pas en train de remonter dans sa chambre…

Suite à ce ratage en règle, les rats d’hôtel de la DGSE ont reçu l’ordre de se tenir à carreau. Pour éviter une nouvelle tuile, toutes les opérations sont stoppées. Les clients des palaces peuvent dormir tranquilles. Les Français seraient les rois de l’espionnage industriel, la crème des 007. À Toulouse, ce fut plutôt l’espion qui gaffe et la preuve qu’en matière d’espionnage mieux vaut toujours balayer devant sa porte.



dimanche 11 mars 2012

Fukushima. Il y a un an la tragédie qui a tout changé !

Le début de l'Enfer radioactif + Tsunami !

Il y a un an jour pour jour, le monde entier, médusé, assistait en direct sur les chaînes de télévision à la dévastation d'une grande partie du Japon. Minute par minute, nous avons tous vu la progression de cette terrible vague, ce tsunami consécutif à un tremblement de terre de magnitude 9 sur l'échelle de Richter survenu au large de l'archipel. Face à cette catastrophe naturelle et aux immenses dégâts matériels et humains qu'elle a provoqués, les Japonais ont fait montre - du moins en apparence - d'un sang-froid exemplaire qui a forcé l'admiration de tous. « Ce fut très impressionnant de voir comment les Japonais, à l'échelle d'un pays entier, ont fait bloc face à la situation », raconte à La Dépêche*, Éric Delattre, un Français qui était à Tokyo au moment du séisme et qui fut l'un des premiers à annoncer le tremblement de terre sur le réseau Twitter. Jeudi dernier, le Premier ministre François Fillon a d'ailleurs rendu hommage aux « vertus humaines, morales, techniques dont le peuple japonais a fait preuve. »
Mais si les Japonais étaient bien préparés au tremblement de terre et à ses conséquences, fussent-elles aussi terribles que celles du 11 mars 2011, ils n'avaient pas prévu que la vague meurtrière pouvait déclencher la pire catastrophe nucléaire depuis le drame de Tchernobyl en 1986 en détruisant plusieurs réacteurs de la centrale de Fukushima. Durant plusieurs semaines, chacun a retenu son souffle face aux explosions en série au sein de la centrale en perdition. Les mensonges de l'opérateur Tepco ont également bouleversé la confiance que les Japonais plaçaient dans l'énergie nucléaire (lire ci-contre).
Un an après, le Japon continue de panser ses plaies et la coûteuse reconstruction a pris beaucoup de retard, faute d'un réel consensus. « La lenteur des travaux de reconstruction sur la côte nord-est crée un sentiment de stress chez les survivants, car ils ne savent pas combien de temps ils devront encore rester dans des habitats précaires », assure la Croix-Rouge, qui observe que la peur des radiations occupe tous les esprits.

Nous sommes dans une vie diminuée, amputée des plaisirs simples. Il ne faut pas oublier que la centrale de Fukushima continue de déverser sa radioactivité dans l'air, dans l'eau et dans l'atmosphère. Et quand il pleut, les particules radioactives retombent au sol. Ainsi, quand il pleut, les personnes fragiles, les enfants et les femmes enceintes évitent de sortir. Quand ils s'aventurent à l'extérieur, ils sont bien couverts et une fois rentré à la maison, on nettoie tous les vêtements. Il ne faut pas oublier que la radioactivité affecte les corps en formation. C'est quand même fou d'avoir peur de la pluie !
Quelle est la situation justement dans la zone touchée par le tsunami ?
Le désastre a été total. Dans certaines villes, il y avait l'équivalent de 30 ans de déchets ménagers. Et même si les Japonais sont très efficaces dans le déblaiement, tout n'est pas entièrement reconstruit. Les Japonais sont habitués aux dégâts des tsunamis et des tremblements de terre, mais le gros problème, ce sont surtout les déchets radioactifs. On ne sait pas quoi en faire… On parle même de convertir la zone de Fukushima en poubelle nucléaire.
Quelle est la position des Japonais face au nucléaire ?
La défiance est totale vis-à-vis du nucléaire. Sur les 54 réacteurs du pays, il n'en reste plus que deux en activité. Le Japon va sortir du nucléaire, cela est certain.

vendredi 9 mars 2012

Mélenchon veut capitaliser sur ses 10% d'intentions de vote !

Pour la première fois donné avec un score à deux chiffres dans un sondage, le candidat Front de gauche compte bousculer le quarté de tête de la campagne.


Par LAURE EQUY, LILIAN ALEMAGNA

C'était le 6 février dans les locaux de Libération. Jean-Luc Mélenchon, invité de la rédaction, est alors crédité de 9% d'intentions de vote dans les sondages: «Maintenant, j'attends le moment où un sondage me mettra à 10%. A cet instant un signal sera donné, à savoir: "Ces gens-là sont crédibles".» Le candidat du Front de gauche aura attendu un mois pile avant de voir ce «cap» des «deux chiffres» franchi: dans une enquête CSA (1), Mélenchon est donné pour la première fois de la campagne à 10% au premier tour de l'élection présidentielle. Un petit point de plus que lors de la précédente étude, le 20 février, mais un «seuil symbolique», «psychologique», insiste-t-on dans son équipe, qui annonce un «nouveau départ pour la campagne», affirme Pierre Laurent, chef des communistes et président du conseil national de la campagne du Front de gauche, à Libération.
Dans le train qui l'emmenait mardi à son meeting de Rouen, Mélenchon ironisait sur ce résultat: «Je regarde ça avec toute la mauvaise foi dont je suis capable», souriait-il, rappelant ses critiques récurrentes contre les «méthodes» des instituts. Mais dans son staff, on ne cache pas sa satisfaction: «Ce qu'on sentait dans nos meetings, dans nos réseaux, sur le terrain est en train de se traduire en intentions de vote puisqu'on progresse de manière régulière», défend Clémentine Autain. «Il y avait un décalage entre ce que les gens sentent, la campagne sur le terrain et le fait qu'on était bas. Là, ça entre en adéquation», poursuit Raquel Garrido, proche de Mélenchon.

«On ne se partage pas des parts de gâteau»

Dans le détail, «son électorat emprunte à celui du PCF, pas dans sa composante ouvrière mais dans sa composante service public – un électorat aussi plutôt vieillissant – et à la mouvance chevènementiste, explique Jérôme Sainte-Marie de l'institut CSA. Il commence aussi à séduire auprès de l'ancien électorat de Besancenot, le couple jeune, précarisé, plus ou moins diplômé, et récupère aussi un électorat PS qui n'est plus inquiet d'un nouveau 21 avril.» Et paradoxalement, l'ancien socialiste monte quand... Hollande monte. Dans cette enquête, le candidat du PS progresse lui aussi à 30% (+2 points). «Mélenchon tire sa force électorale de la force de François Hollande, analyse Sainte-Marie. Si François Hollande se mettait à baisser, certains électeurs de Mélenchon pourraient être effrayés...»
«On n'est pas en train de se partager des parts de gâteau, défend François Delapierre, directeur de campagne du candidat Front de gauche. On profite tous de l'amélioration du rapport de forces en faveur de la gauche. Et dans la conquête des électeurs, notre campagne joue beaucoup!» Les salles de meetings débordent. Un public non-militant, avec beaucoup de jeunes, vient voir les discours du tribun comme on viendrait à un concert. Les émissions politiques auxquelles il participe – comme celle sur TF1 lundi – font grimper les audiences.«Il y a un an, avec son slogan ''Qu'ils s'en aillent tous'', il était perçu comme étant dans l'invective, observe François Micquet-Marty, directeur associé de l'institut Viavoice. Il a réussi a changer cette image. Il incarne plus une certaine résistance, un peu Gaulois, contre l'empire libéral et de la finance.»



mardi 6 mars 2012

Virés du meeting de Sarkozy pour délit de gauchisme !

Entrée Du Meeting UMP !

« Le militant, happy face : Salut, vous êtes de quelle fédé ?


Mon pote, interloqué : Euh, aucune, on est étudiants et on vient voir le meeting.

L'autre, un sourire en coin : Ah ouais, OK.

Mon pote, réalisant : Eh mais… T'es Benjamin Lancar ? ! »

Ah ben oui tiens, c'est lui. Curieusement, il ne nous donne pas de T-shirt. « C'est pour les militants. »
« Venez, on rassemble des jeunes ici ! »

15h15. On passe les portiques de sécurité et la fouille sommaire par des molosses mal aimables. Dans la salle, pourtant pas encore bondée, l'ambiance est au rendez-vous : « La Marseillaise » résonne, des drapeaux français sont agités dans tous les sens et les « Sarkozy, Président ! » régulièrement scandés.
On cherche une place jusqu'à ce qu'un militant nous harponne : « Venez, on rassemble des jeunes ici ! » Les jeunes, cette ressource rare qu'il faut à tous prix rendre visible.

« Vous pouvez pas rester ici »


16h20. L'incident. Un molosse interpelle mon pote à cheveux longs : « Monsieur, venez nous voir s'il vous plaît. Discutez pas, venez. » A sa copine, typée arabe : « Vous aussi mademoiselle ». Au type assis devant nous, qui a un sweat à capuche : « Monsieur, suivez-nous vous aussi. » Les intéressés se lèvent, les molosses attrapent leurs affaires : « Vous pouvez pas rester ici. »
A ce stade, aucune raison donnée. Ils sont embarqués sur le côté de la salle, un peu à l'écart. Complètement atterrés par ce qu'on soupçonne être un délit de faciès, moi et mon dernier pote décidons de suivre le mouvement, abandonnant nos places VIP à une hystérique qui trainait par là.

16h25. Sur le côté de la salle, l'un des molosses lâche le motif de l'intervention :

« Monsieur, vous êtes identifié comme militant de gauche ou d'extrême gauche. »

Pour les autres évacués, aucun motif évoqué. Mais la décision est sans appel :

« Vous devez partir. Si vous le faites pas, on va appeler les services de sécurité de la présidence, et ils rigolent pas. »

La scène, surréaliste, se termine par une expulsion manu militari filmée par un cameraman de BFM-TV, dans l'indifférence générale du public du meeting. Au meeting du FN, les mêmes personnes n'avaient eu aucun problème.
16h30. Je suis sonné et écœuré. Un quart d'heure a suffi à évacuer toute ma bonne humeur et mon second degré et, n'en déplaise à la science politique, je veux me barrer de cette atmosphère nauséabonde. Je prends sur moi et finis par me faire convaincre de rester.
Pendant ce temps, à l'extérieur, mes potes parlent à quelques journalistes et récupèrent les images de BFM sur leur portable. A l'intérieur, un quadra en costard lance : « Les crétins, ils les virent et ils les donnent aux médias. » Qu'il se rassure : finalement, aucun journaliste n'en parlera.

dimanche 4 mars 2012

Hollande: ce n'est pas aux dirigeants européens de «peser» sur le choix des Français !

Le candidat socialiste à la présidentielle en France, François Hollande, a prévenu dimanche que ce n'était pas aux dirigeants européens de «peser» sur le choix des Français en réaction à une information selon laquelle quatre de ces responsables refuseraient de le recevoir.
«Ce ne sont pas des dirigeants européens, que je respecte par ailleurs, qui doivent peser sur la décision du peuple français», a déclaré François Hollande sur la télévision France 3 interrogé sur l'information de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, démentie par Berlin, selon laquelle les chefs de gouvernement conservateurs allemand, britannique, espagnol et italien se seraient entendus pour refuser de le recevoir.
«Nous sommes une grande nation, un grand pays, qui ne se fait pas commander ses choix par des chefs d'Etats et de gouvernements amis, mais extérieurs à notre démocratie. Même si je reconnais qu'ils seront mes partenaires si je deviens président de la République, et j'aurais à coeur de les convaincre d'ajouter une dimension de croissance aux traités européens», a-t-il ajouté.

«Alliance des conservateurs»

«Qu'il y ait une alliance des conservateurs pour le candidat conservateur en France, c'est bien naturel», a ajouté le député de Corrèze au sujet de cette initiative prêtée par l'hebdomadaire allemand Der Spiegel à Angela Merkel, Mario Monti (Italie), David Cameron (Grande-Bretagne) et Mariano Rajoy (Espagne).
L'information a toutefois été démentie par Berlin. «Chaque chef de gouvernement européen choisit indépendamment si et comment il souhaite recevoir M. Hollande. En Allemagne, il n'y a pour le moment aucun rendez-vous de prévu» avec la chancelière Angela Merkel, a déclaré une porte-parole du gouvernement allemand.
Commentaire en direct de François Hollande à ce démenti: «J'ai l'impression que la position de Mme Merkel très en soutien de Nicolas Sarkozy créé un débat y compris dans sa propre majorité». «Il y a un moment où les Allemands se disent: mieux vaut laisser les Français choisir librement, sans faire pression sur eux, de façon à ce que les rapports entre la France et l'Allemagne restent des rapports d'amitié», a ajouté le candidat PS qui s'est rendu depuis décembre à Berlin, Rome et Londres, sans rencontrer Angela Merkel, Mario Monti ni David Cameron.
(AFP)

mercredi 29 février 2012

Le couple Pulvar-Montebourg agressé à Paris !

«un groupe qui hurle Le Pen président»

La journaliste de France Inter Audrey Pulvar et son compagnon, le député PS Arnaud Montebourg, ont été pris pour cible ce mardi soir à Paris par de jeunes individus scandant des slogans favorables au Front national et des injures antisémites. «Rentrant à pied avec mon compagnon, nous avons été pris à partie par une quinzaine d'individus. Aux cris de "la France aux Français" et autres "Le Pen président"», a raconté la journaliste mardi dans la soirée aux quelque 6 000 abonnés de son compte Twitter.
Nous avons essuyé des jets de verres qui se sont brisés dans notre dos avant intervention de quelqu'un du personnel, à moins que ce ne soit le chef de la meute ?» a-t-elle poursuivi. Et la chroniqueuse de l'émission On n'est pas couchés (France 2) de décrire une scène qui aurait pu se finir beaucoup plus mal : «On sortait d'un resto, ils étaient devant un bar [...]. La seule chose à faire c'était continuer de marcher sans répondre. (Quand vous) avez 15 mecs qui vous chantent "beau, blanc, rouge la France aux français, juden juden juden..." ["juifs" en allemand, ndlr] et qu'on vous balance des verres à la tête...».

«Mme Le Pen, cautionnez-vous ?»

Evoquant le profil des individus, Audrey Pulvar écrit en réponse aux questions de plusieurs abonnés Twitter : «Ce sont semble-t-il des personnes interdites de stade. Je n'en dirai pas + pour le moment pr ne pas compromettre le travail des policiers.» Et, pour la journaliste, pas de doutes, il s'agit bien de sympathisants du FN : «Un groupe qui hurle "Le Pen président", ce sont des électeurs d'Eva Joly déguisés «Mme Le Pen, cautionnez-vous interpelle-t-elle d'ailleurs, toujours sur Twitter, la candidate du Front National à la présidentielle.
Dans un second message, écartant toujours l'hypothèse d'un acte isolé de partisans du FN pas vraiment raccord avec la «dédiabolisation» revendiquée par sa compagne de candidate, il s'interroge sur les commanditaires : «L'extrême droite anti-Marine, les cabinets noirs proches du pouvoirs ???»

Dépôt d'une plainte

«Nous avons porté plainte. Bien sûr. Comment laisser (sans) suite de telles insultes a précisé la journaliste sur Twitter. Joint par l'AFP, son compagnon Arnaud Montebourg a confirmé : «Nous sommes ensemble [avec Audrey Pulvar, ndlr] avec la police pour dépôt de plainte.» Le couple a ensuite quitté le commissariat peu avant 1h30 du matin.
Sur le réseau social, dès le premier message posté par Audrey Pulvar à 22h47, le récit a suscité de nombreuses réactions de solidarité. Des responsables du PS sont immédiatement montés au créneau. «Inadmissible, ça prouve qu'il faut combattre sans relâche le FN qui tente d'avancer masqué, ce soir il montre son vrai visage», a posté le député PS Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée. «Solidarité totale avec A. Montebourg et A. Pulvar lâchement agressés. Le vrai visage hideux de l'extrême droite», a renchéri le numéro 2 du PS, Harlem Désir, ancien président de SOS Racisme. Même son de cloche du côté du député socialiste de la Nièvre Christian Paul

mardi 28 février 2012

Bourdin : Poutou, Lepage ou Marine Le Pen ne doivent pas être exclus !!

Doivent-ils disparaître du débat démocratique ?


Ces 500 signatures nécessaires à tout candidat à la présidentielle auront fait couler beaucoup d’encre. Après Marine Le Pen soupçonnée de simuler ce manque de soutiens pour jouer la victime, après le rejet par le Conseil constitutionnel de la question prioritaire de constitutionnalité demandant l’anonymat des signatures et la date-butoir qui approche (le 16 mars pour ceux qui vivraient enfermés depuis un mois), voici Jean-Jacques Bourdin qui met les pieds dans le plat pour appeler les maires à parrainer tous les candidats.
     
« Donnez vos parrainages à Marine Le Pen, Dominique de Villepin, Philippe Poutou. » En direct de sa matinale sur RMC*, Jean-Jacques Bourdin n’a pas attendu longtemps pour se lancer dans la bataille des signatures. Au lendemain de la décision du Conseil constitutionnel refusant l’anonymat des parrainages (rendue le 21 février) le journaliste et présentateur a lancé un appel enjoignant les maires à soutenir les « petits » candidats. Une semaine plus tard, son initiative a reçu plus de 12 700 soutiens, et a été mise en avant par le site d’extrême droite F. de Souche qui l’a utilisé en faveur des 500 signatures -toujours incomplètes à ce jour- de Marine Le Pen. De son côté, Jean-Jacques Bourdin n’en démord pas. Interview.

Marianne : Au moment où vous avez lancé votre appel, vous disiez « ca ne va pas faire plaisir à tout le monde mais je le fais quand même » conscient que cet engagement ne serait pas forcément bien accueilli. Qu’est-ce qui vous a poussé à faire cette « sortie » ?
Jean-Jacques Bourdin :
J’ai fait ça parce que j’ai entendu des auditeurs se plaindre mais aussi parce que je trouve le système malsain. Je sais que l’engagement d’un journaliste fait débat au sein même de la profession mais je le maintiens : je pense que mon rôle c’est, aussi, de m’engager quand ça peut faire bouger les choses.

En quoi est-ce malsain selon vous ?
Je n’aimerais pas voir sur le bord de la route un Philippe Poutou (NPA) qui a des idées intéressantes, une Corinne Lepage (Cap 21) qui a une autre vision de l’écologie qu’Eva Joly et dit des choses sensées et pas non plus un Dominique de Villepin (République solidaire). C’est la seule solution si on veut que celui ou celle qui sera élu ne voit pas sa légitimité remise en cause. Je pense que les candidats de l’UMP et du PS devraient dire ça d’ailleurs.

Auriez-vous la même position si Marine Le Pen ne faisait pas partie des candidats sur le bord de la route comme vous dites? N'est-ce pas parce qu'on considère qu'une grande partie de vos auditeurs sont d'extrême droite?
J'aurais la même position mais ça n'empêche pas que je trouverais anormal que Marine Le Pen ne se présente pas. Ca me semble être un débat d'un autre temps. Et concernant le Front National, je suis pour laisser au grand jour ce qui doit être combattu. Les électeurs du FN représentent environ 20% des intentions de vote, forcément certains écoutent RMC mais il n'y en a pas plus qu'ailleurs. Le problème c'est que dans ce monde médiatico-conformiste, à partir du moment où l'on est un petit peu différent, comme RMC, on est forcément extrêmisé, c'est énervant.

Vous avez eu des retombées, des réactions de maires. Quel était le message ?
J’ai eu quelques contacts avec quelques maires mais ils ne s’engagent pas trop.
Je pense que le problème vient du mot « parrainage », ça veut dire partager, protéger alors qu’on peut parrainer sans adopter les idées. D’ailleurs, le terme même me gène un peu. « Soutien » aussi est trop fort. Je pense que c’est plutôt une contribution à un processus démocratique.

Quelle solution serait selon vous la bonne ? Supprimer les signatures et permettre les candidatures les plus farfelues?
En 2007, sur 47 000 élus, 30 000 ont apporté leur contribution républicaine. Moi je rendrais obligatoire une contribution de chaque maire, c’est une des propositions de l’Association des Maires de France (AMF). L’idée qu’un maire puisse apporter deux contributions est aussi envisageable. Sinon, il reste toujours la possibilité d’un vote citoyen sur internet. Un candidat pourrait par exemple obtenir le droit de se présenter au-delà de 500 000 votes en sa faveur.

Et que pensez-vous de la proposition de rendre les parrainages anonymes faite par Marine Le Pen, Corinne Lepage et Christine Boutin au Conseil Constitutionnel ?
L’anonymat permet aussi toutes les invraisemblances. Il faut responsabiliser l’élu. Hors, en insistant comme on le fait actuellement sur le parrainage donné, on le montre du doigt. Mais je n'ai pas de solution très satisfaisante.